Hotel Restaurant Robic
 



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Ouest-France du Jeudi 04/12/2003
Ouest-France du Samedi 21/08/2003
Ouest-France du Samedi 9/08/2003
Ouest-France du Lundi 4/08/2003


Journal Ouest-France du samedi 9 août 2003


L'hôtelier a vendu son affaire mais il ne veut pas parler de retraite Louis Robic : « Je change d'activité » 1/3


Louis Robic entouré de Philippe Tual,
le nouveau patron du restaurant Robic (à gauche), et de René Chapon, le propriétaire de l'établissement qui s'appelle désormais Café-hôtel des Arts.

Comme annoncé, Louis Robic a vendu son affaire après 66 ans d'activité. L'hôtel et le bar, repris par René Chapon, s'appellent désormais café-hôtel des Arts. Le restaurant, qui a été racheté par Philippe Tual, gardera le nom Robic. Et l'esprit de la maison.

« Le terme de retraite, je n'aime pas ça. Je préfère qu'on parle de changement de situation. »

À 82 ans, Louis Robic n'a pas perdu de sa verve ni de son tonus. Pas question pour lui de se retirer de la circulation. Il garde son bureau au rez-de-chaussée de l'établissement qui porte son nom, rue Jean-Jaurès. Sauf que maintenant, après avoir vendu son affaire, il aura plus de temps à consacrer à ses amis,ses associations, ses souvenirs.

von Stroheim, Belmondo, Devos...


Car des souvenirs, il n'en manque pas. Louis Robic avait pris en juillet 1937 la succession de sa mère (dont le portrait restera dans les cuisines rénovées). À l'époque, l'établissement créé en 1924 s'appelait hôtel de la Petite-Gare, parce qu'un chemin de fer d'intérêt local s'arrêtait devant. Beaucoup de marchands de bestiaux, « quasiment tous de Locminé », y descendaient au moment des foires et des marchés. À l'arrière, son père, qui était bouilleur de cru ambulant, tenait une cidrerie.

« La bolée de cidre valait 3 sous. J'ai essayé d'en vendre trois pour 10 sous, mais j'ai jamais réussi ! »

Au fil des ans, l'activité a évolué. « La clientèle a d'abord été locale. Puis il y a eu les représentants de commerce », commente Louis Robic. Pendant une longue période, on y vendait aussi du carburant. Les deux pompes à essence devant la maison ont disparu. Par contre, le dépôt de journaux où l'on trouvait déjà l'Ouest-Éclair il y a 80 ans (l'ancêtre de Ouest-France) existe toujours. Période douloureuse pendant la guerre, quand l'hôtel a été occupé par les nazis. Nouveau départ à la libération. Le livre d'or est copieux et regorge de signatures prestigieuses. Louis Robic cite pêle-mêle :

« Erich von Stroheim, Jean-Paul Belmondo, Jean Robic bien sûr puisqu'il est de Radenac, Louison Bobet, Raymond Devos. »

L'homme est un actif. Il a été longtemps joueur de football. Il a fait partie pendant 40 ans du syndicat de l'hôtellerie, a été conseiller de la chambre de commerce, a animé différentes associations...
Pendant 48 ans à la mairie

Et en 1953, il commence à s'impliquer dans la politique locale. Il sera conseiller municipal ou adjoint au maire pendant 48 ans et conseiller général ou conseiller régional pendant 18 années. À l'heure de « changer d'activité », comme il dit, le restaurateur n'oublie pas de rendre hommage à son épouse, Georgette, 82 ans comme lui, originaire du XVe arrondissement de Paris. « Je lui dois beaucoup, souligne-t-il. Pendant qu'elle était à l'hôtel Robic, j'étais à l'hôtel de ville. C'est elle qui a pris tous les coups. »

Que compte-t-il faire de ses journées maintenant ? Rassembler ses souvenirs et ses « brèves de comptoir ». Il a aussi promis à sa femme de lui mijoter quelques petits plats. Il va continuer à recevoir dans son bureau et donner un coup de main lors de fêtes ici et là. L'occupation ne manquera pas :

« Il y a encore plein de trucs que je n'ai pas pu faire. »

© Ouest-France


 
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