| |
On en parle dans la presse !
Journal Ouest-France du samedi 9 août 2003
L'hôtelier a vendu son affaire mais il ne veut pas parler
de retraite Louis Robic : « Je change d'activité »
1/3
 |
Louis Robic entouré de Philippe
Tual,
le nouveau patron du restaurant Robic (à gauche), et
de René Chapon, le propriétaire de l'établissement
qui s'appelle désormais Café-hôtel
des Arts. |
Comme annoncé, Louis Robic a vendu son affaire
après 66 ans d'activité. L'hôtel et le
bar, repris par René Chapon, s'appellent désormais
café-hôtel des Arts. Le restaurant, qui a été
racheté par Philippe Tual, gardera le nom Robic. Et l'esprit
de la maison.
« Le terme de retraite, je
n'aime pas ça. Je préfère qu'on parle de changement
de situation. »
À 82 ans, Louis Robic n'a pas perdu de sa verve ni de
son tonus. Pas question pour lui de se retirer de la circulation.
Il garde son bureau au rez-de-chaussée de l'établissement
qui porte son nom, rue Jean-Jaurès. Sauf que maintenant,
après avoir vendu son affaire, il aura plus de temps à
consacrer à ses amis,ses associations, ses souvenirs.
von Stroheim, Belmondo, Devos...
Car des souvenirs, il n'en manque pas. Louis Robic avait pris en
juillet 1937 la succession de sa mère (dont le portrait restera
dans les cuisines rénovées). À l'époque,
l'établissement créé en 1924 s'appelait hôtel
de la Petite-Gare, parce qu'un chemin de fer d'intérêt
local s'arrêtait devant. Beaucoup de marchands de bestiaux,
« quasiment tous de Locminé », y descendaient
au moment des foires et des marchés. À l'arrière,
son père, qui était bouilleur de cru ambulant, tenait
une cidrerie.
« La bolée de cidre
valait 3 sous. J'ai essayé d'en vendre trois pour 10 sous,
mais j'ai jamais réussi ! »
Au fil des ans, l'activité a évolué. « La
clientèle a d'abord été locale. Puis il y a
eu les représentants de commerce », commente Louis
Robic. Pendant une longue période, on y vendait aussi du
carburant. Les deux pompes à essence devant la maison ont
disparu. Par contre, le dépôt de journaux où
l'on trouvait déjà l'Ouest-Éclair il y a 80 ans
(l'ancêtre de Ouest-France) existe toujours. Période
douloureuse pendant la guerre, quand l'hôtel a été
occupé par les nazis. Nouveau départ à la libération.
Le livre d'or est copieux et regorge de signatures prestigieuses.
Louis Robic cite pêle-mêle :
« Erich von Stroheim, Jean-Paul
Belmondo, Jean Robic bien sûr puisqu'il est de Radenac, Louison
Bobet, Raymond Devos. »
L'homme est un actif. Il a été longtemps joueur de
football. Il a fait partie pendant 40 ans du syndicat de l'hôtellerie,
a été conseiller de la chambre de commerce, a animé
différentes associations...
Pendant 48 ans à la mairie
Et en 1953, il commence à s'impliquer dans la politique locale.
Il sera conseiller municipal ou adjoint au maire pendant 48 ans
et conseiller général ou conseiller régional
pendant 18 années. À l'heure de « changer
d'activité », comme il dit, le restaurateur n'oublie
pas de rendre hommage à son épouse, Georgette, 82 ans
comme lui, originaire du XVe arrondissement de Paris. « Je
lui dois beaucoup, souligne-t-il. Pendant qu'elle était à
l'hôtel Robic, j'étais à l'hôtel de ville.
C'est elle qui a pris tous les coups. »
Que compte-t-il faire de ses journées maintenant ? Rassembler
ses souvenirs et ses « brèves de comptoir ».
Il a aussi promis à sa femme de lui mijoter quelques petits
plats. Il va continuer à recevoir dans son bureau et donner
un coup de main lors de fêtes ici et là. L'occupation
ne manquera pas :
« Il y a encore plein de
trucs que je n'ai pas pu faire. »
© Ouest-France
|